Croire en la Volonté de Dieu. Prédestination du Bien et du Mal

Croire en la Volonté de Dieu. Prédestination du Bien et du Mal

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Allâh le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre Maître MouHammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam `alayhi s-salâm au dernier MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam.

Sache que la volonté est obligatoire selon la raison s’agissant de Allâh ta`âlâ et c’est un attribut exempt de début et exempt de fin par lequel Allâh caractérise ce qui est possible selon la raison par l’existence au lieu de l’inexistence, par un attribut à l’exclusion d’un autre, et par un temps à l’exclusion d’un autre.

La preuve de l’obligation de la volonté s’agissant de Allâh, c’est que s’Il n’avait pas de volonté, rien de ce monde n’existerait. En effet, l’existence du monde fait partie du possible selon la raison. Son existence n’est donc pas obligatoire, en considérant sa réalité, selon le jugement rationnel. Ainsi, du fait même que le monde existe, nous savons qu’il n’a existé que parce qu’il a été caractérisé par son existence et que cette existence a été rendue prépondérante sur son inexistence. Il a donc été établi que Allâh a pour attribut une volonté éternelle exempte de début et de fin.

De plus, cette volonté, chez les gens de la vérité, concerne les actes des esclaves dans leur totalité, que ce soit les bons actes ou les mauvais. Donc, tout ce qui entre dans l’existence, que ce soit les actes de bien ou de mal, que ce soit une mécréance, un péché, ou une obéissance, c’est bien par la volonté de Allâh qu’ils ont lieu et qu’ils se produisent et ceci est une perfection s’agissant de Allâh ta`âlâ. En effet, l’universalité de la toute-puissance et de la volonté sur toute chose est digne de l’éminence de Allâh. Ainsi, s’il arrivait dans ce qui Lui appartient ce qu’Il ne veut pas, ceci serait une preuve d’incapacité et l’incapacité est impossible s’agissant de Allâh.

Par ailleurs, Sa volonté est conforme à Sa science, c’est-à-dire que ce dont Il sait l’entrée en existence, Il en a voulu l’entrée en existence, et ce dont Il sait qu’il n’existera pas, Il ne veut pas que cela existe.

De plus, la volonté n’est pas nécessairement conforme à Son ordre. La preuve en est que Allâh ta`âlâ ordonne à ‘Ibrâhîm d’égorger son fils ‘Ismâ`îl mais Il n’a pas voulu que cela se réalise pour lui. Si quelqu’un dit : « Comment ordonne-t-Il une chose alors qu’Il ne veut pas qu’elle ait lieu ? » , la réponse est donc la suivante : il se peut qu’Il ordonne ce qu’Il ne veut pas, tout comme Il sait qu’une chose a lieu de la part de l’esclave alors qu’Il lui interdit de la faire.

La signification de la destinée et la foi en cela

Certains savants ont dit : la prédestination (al-qadar) c’est faire exister les choses conformément à la science de Allâh, exempte de début, et à Sa volonté exempte de début. Il les fait donc exister dans l’instant dans lequel Il sait qu’elles existeront. Les actes de l’esclave, le bien et le mal, faits de son propre choix sont donc concernés par cela.

Preuve textuelle de la prédestination (Hadîth de Jibrîl)

La preuve de cela, c’est la parole du Messager de Allâh adressée à Jibrîl lorsqu’il l’avait interrogé sur la foi (al-‘«Imân):

« الإِيمَانُ أَنْ تُؤْمِنَ بِاللهِ وَمَلاَئِكَتِهِ وَكُتُبِهِ وَرُسُلِهِ وَالْيَوْمِ الآخِرِ وَتُؤْمِنَ بِالْقَدَرِ خَيْرِهِ وَشَرِّهِ »

(‘al-‘îmânou ‘an tou’mina bi l-Lâhi wa malâ’ikatihi wa koutoubihi wa rouçoulihi wa l-yawmi l-‘âkhiri wa tou’mina bi l-qadari khayrihi wa charrih)

ce qui signifie: « La foi, c’est que tu croies en Allâh, en Ses anges, Ses Livres, Ses messagers, en le jour dernier et que tu croies en la destinée, que cela concerne le bien ou le mal », [Rapporté par Mouslim]. La signification de ce Hadîth est la suivante : les créatures que Allâh ta`âlâ a prédestinées et parmi lesquelles il y a le bien et le mal, existent par la prédestination exempte de début de Allâh. Ainsi, la prédestination, qui est Son attribut, ne peut être qualifiée de mauvaise. La volonté de Allâh ta`âlâ de faire exister se réalise en tout ce qu’Il veut, conformément à Sa science. Ainsi, la chose dont Il sait l’existence, Il en veut l’existence dans le temps dans lequel elle existe. La chose qu’Il sait qu’elle ne sera pas, Il ne veut pas qu’elle soit.

Allâh fait ce qu’Il veut, il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait.

Allâh Ta`âlâ dit dans le Qour’ân :

﴿لاَ يُسْأَلُ عَمّا يَفْعَلُ وَهُمْ يُسْأَلُونَ﴾

Ce qui signifie : « Dieu n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait et les esclaves seront interrogés », [sôurat Al-‘Anbiyâ’ ‘Ayah 23].

Et Il dit aussi Ta`âlâ :

« إِنّ رَبّكَ فَعّالٌ لِّمَا يُرِيدُ »

Ce qui signifie : « Certes, ton seigneur réalise tout ce qu’Il veut », [sôurat Hôud ‘Ayah 107].

Preuve textuelle que tout sans exception est par la volonté de Allâh

Une chose n’entre donc en existence dans ce monde que par la volonté de Dieu. Rien n’atteint l’esclave que ce soit, bien, mal, santé, maladie, pauvreté, richesse ou autre que cela, que par le volonté de Allâh ta`âlâ, et ne manque l’esclave aucune chose que Allâh a prédestinée et voulue qu’elle l’atteigne. Il a été rapporté du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam qu’il a enseigné à l’une de ses filles :

(مَا شَاءَ اللَّهُ كَانَ وَمَا لَمْ يَشَأْ لَمْ يَكُنْ)

(mâ châ’a l-Lâhou kâna wa mâ lam yacha’ lam yakoun)

ce qui signifie : « Ce que Allâh veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas » . Il a été rapporté par Abôu Dâwôud dans ses sounan et par la suite, il fut transmis d’un grand nombre de personnes à un grand nombre de personnes et s’est largement répandu parmi les gens de la communauté.

Parole de l’Imam `Aliyy sur le devoir de croire en toute la destinée

Al-Bayhaqiyy, que Allâh ta`âlâ lui fasse miséricorde, a rapporté de notre Maître `Aliyy, que Allâh l’agrée, qu’il a dit : « Certes, la foi en toute certitude ne se réalisera pas dans le cœur de l’un de vous tant qu’il ne croira pas, en toute certitude, sans aucun doute, que ce qui l’a atteint n’était pas pour le manquer et que ce qui l’a manqué n’était pas pour l’atteindre et tant qu’il n’admettra pas toute la destinée », c’est-à-dire qu’il n’est pas permis de croire en une partie de la destinée et d’être incrédule vis à vis d’une autre.

Parole de notre Maître `Oumar à propos de la destinée

Il a rapporté également, avec une forte chaîne de transmission, que `Oumar Ibnou l-KhaTTâb était à Al-Jâbiyah – une région de Ach-Châm –. Il s’est levé et a prononcé un discours. Il a loué Allâh et a rappelé Ses bienfaits. Ensuite, il a dit : « Celui que Allâh guide, personne ne fera qu’il soit égaré et celui que Allâh égare, personne ne fera qu’il soit sur la guidée ». Alors, un mécréant des non-arabes qui était présent et faisait partie des gens de adh-dhimmah a dit dans sa langue : (Certes, Allâh n’égare personne). `Oumar a alors dit à l’interprète: « Qu’est-ce qu’il a dit ? » Il lui répondit : « Il a dit que Allâh n’égare personne » . Alors, `Oumar a dit : « Tu as menti Ô ennemi de Allâh […]. C’est Lui Qui t’a égaré et c’est Lui Qui te fera entrer en enfer s’Il veut que tu meurs sur ta mécréance », Cela signifie s’Il veut que tu meurs sur ta mécréance inévitablement tu entreras en enfer.

Explication d’une poésie appréciée par `Oumar à propos de la destinée

Le HâfiDh Abôu Nou`aym a rapporté de Az-Zouhriyy que `Oumar Ibnou l-Khattâb aimait une poésie de Labîd Ibnou Rabî`ah ; la traduction de quelques uns de ses vers est la suivante :

Certes, la piété envers notre Seigneur est le meilleur des dons
Et par la volonté de Allâh sont ma lenteur et ma rapidité
Je loue Allâh, Il n’a pas d’égal
C’est à Lui qu’appartient le bien, ce qu’Il veut, Il le fait
Celui qu’Il guide vers la voie de bien sera sur la voie de bien,
tranquille est son esprit. Et celui qu’Il veut égarer, Il l’égare

Le sens de sa parole : « Certes, la piété envers notre Seigneur est le meilleur des dons » , c’est qu’elle est la meilleure des choses qui soit accordée à l’homme. Le sens de sa parole: « Et par la volonté de Allâh sont ma lenteur et ma rapidité » , c’est qu’une personne n’accomplit une chose lentement, ou bien rapidement que par le volonté de Allâh. Sa parole : « Je loue Allâh, Il n’a pas d’égal » , c’est qu’Il n’a pas de semblable. Sa parole : « C’est à Lui qu’appartient le bien » , sous-entend le mal également. Mais il s’est limité à citer le bien parce que cela est suffisant ici, comme dans Sa parole ta`âlâ :

﴿سَرَابِيلَ تَقِيكُمُ الْحَرَّ﴾

(sarâbîla taqikoumou l-Harr)

ce qui signifie: « Des armures qui vous protègent de la chaleur » , [sourat An-NaHl / 81], c’est-à-dire du froid également car les armures protègent des deux et pas seulement de la chaleur. Sa parole: « Ce qu’Il veut, Il le fait » , c’est que la chose que Allâh veut qu’elle arrive, il est inévitable qu’elle ait lieu et la chose qu’Il ne veut pas qu’elle arrive, elle n’a pas lieu. Sa parole: « Celui qu’Il guide vers la voie de bien sera sur la voie de bien », c’est que celui pour qui Allâh veut qu’il soit sur la voie juste de droiture, sera sur cette voie juste de droiture. Sa parole : « Tranquille est son esprit », c’est-à-dire qu’il a l’esprit en paix et satisfait. Et sa parole: « Et celui qu’Il veut égarer, Il l’égare » , c’est-à-dire que celui qu’Il veut qu’il soit égaré, Il l’égare, c’est-à-dire qu’Il crée en lui l’égarement.

Ce que dit Ach-Châfi`iyy lorsqu’il fut interrogé sur la destinée

Al-Bayhaqiyy a rapporté de Ach-Châfi`iyy qu’il a dit lorsqu’il a été interrogé sur la destinée, ce qui signifie :

Ce que Tu veux est, même si moi je ne le veux pas
Et ce que je veux, si Tu ne le veux pas, n’est pas
Tu crées les esclaves conformément à ce que Tu sais
Conformément à Ta science agissent le jeune et l’âgé
A celui-là Tu accordes la réussite et cet autre Tu ne l’accordes pas
Et celui-ci Tu l’aides et cet autre Tu ne l’aides pas
Parmi eux, des malheureux (1) et parmi eux des heureux (2)
Et celui-là est laid et cet autre est beau

(1) C’est-à-dire des gens qui seront en enfer pour l’éternité, c’est-à-dire les mécréants.
(2) C’est-à-dire des gens qui seront au paradis pour l’éternité, c’est-à-dire les musulmans.

De là, il devient clair que dans Sa parole ta`âlâ :

﴿يُضِلُّ مَنْ يَشَاءُ وَيَهْدِي مَنْ يَشَاءُ﴾

(youDillou man yachâ’ou wa yahdî man yachâ’)

ce qui signifie: « Il égare qui Il veut et Il guide qui Il veut » , [sourat An-NaHl / 93], le pronom مَنْ (man) se réfère à Allâh et non à l’esclave comme l’ont prétendu les qadariyyah. La preuve en est Sa parole ta`âlâ, où la parole est attribué à notre maître Môuçâ:

﴿إِنْ هِيَ إِلاَّ فِتْنَتُكَ تُضِلُّ بِهَا مَنْ تَشَاءُ وَتَهْدِي مَنْ تَشَاءُ﴾

(‘in hiya ‘il-lâ fitnatouka touDillou bihâ man tachâ’ou wa tahdî man tachâ’)

Ce qui signifie : « Ce n’est certes qu’une épreuve de Ta part avec laquelle Tu égares qui Tu veux et Tu guides qui Tu veux », [sourat Al-‘A`râf / 155].

Contradiction de certains égarés dans l’explication du verset qui signifie Il égare qui Il veut…

Un groupe égaré ont considéré que la volonté de Allâh suit la volonté de l’esclave puisque pour eux, le sens du verset est : si l’esclave veut choisir le bon chemin, Allâh le guide vers ce chemin et si l’esclave veut choisir l’égarement, Allâh l’égare. Ils ont ainsi contredit le verset :

﴿وَمَا تَشاَءُونَ إِلا أَنْ يَشَاءَ اللهُ﴾

(wa mâ tachâ’ôuna ‘il-lâ an yachâ’a l-Lâh)

Ce qui signifie: « Et vous ne voulez que si Allâh veut », [sourat At-Takwîr /29]. Si l’un d’eux voulait donner pour preuve une ‘âyah du Qour’ân pour contredire cette signification, on lui dit que les significations du Qour’ân sont cohérentes les unes avec les autres et ne se contredisent pas. Il n’y a pas dans le Qour’ân une ‘âyah dont la signification soit en contradiction avec une autre. D’autre part, ceci ne relève pas de ce qui abroge et ce qui est abrogé (an-nâçikh et al-mansôukh), car l’abrogation ne concerne pas les croyances et n’implique pas de contradiction. Ainsi, l’abrogation n’intervient pas dans les informations mais plutôt dans l’ordre et l’interdiction. En fait, l’abrogation, c’est l’annonce qu’un jugement d’une ‘âyah ultérieure met fin au jugement d’une ‘âyah antérieure (et ceci n’a lieu que pendant la vie du Prophète). En outre, ce groupe ne croit pas en ce qui abroge (an-nâçikh) et en ce qui est abrogé (al-mansôukh). Relevant encore de leur surprenante stupidité, il y a leur explication de Sa parole ta`âlâ :

﴿وَعَلَّمَ آدَمَ الأَسْمَاءَ كُلَّهَا﴾

(wa `allama ‘âdama l-‘asmâ’a koullahâ)

Ce qui signifie : « Et Il appris à ‘Adam tous les noms », [sourat Al-Baqarah / 31]. Ils disent que ce sont les noms de Allâh. Si on dit à ces gens: si ces noms étaient les noms de Allâh, Allâh n’aurait pas dit :

﴿فَلَمَّا أَنْبَأَهُمْ بِأَسْمَائِهِمْ﴾

(falammâ ‘anba’ahoum bi’asmâ’ihim)

ce qui signifie : « Et lorsqu’il leur apprit leurs noms », [sourat Al-Baqarah / 33], mais Il aurait dit : « Et lorsqu’il leur apprit Mes noms » , ils se taisent. Malgré cela, ces gens-là persistent sur leur ignorance et leur déformation des significations du Qour’ân.

Réponse au sujet de la destinée citée par Ar-RiDâ descendant de l’Imam `Aliyy

Al-Hâkim, que Allâh ta`âlâ lui fasse miséricorde, a rapporté que `Aliyy Ar-RiDâ Ibnou Môuçâ Al-KâDhim s’asseyait dans la mosquée du Prophète, tout près de sa tombe (ar-rawDah) alors qu’il était encore jeune, enveloppé dans un modeste drap. On venait l’interroger dans la mosquée, les gens du commun tout comme les grands parmi les savants. Il fut questionné sur la destinée et il a donc répondu: « Allâh `azza wa jall dit :

﴿إِنَّ الْمُجْرِمِينَ فِي ضَلاَلٍ وَسُعُرٍ يَوْمَ يُسْحَبُونَ فِي النَّارِ عَلَى وُجُوهِهِمْ ذُوقُوا مَسَّ سَقَر إِنَّا كُلَّ شَىْءٍ خَلَقْنَاهُ بِقَدَرٍ﴾

(‘inna l-moujrimîna fî Dalâlin wa sou`our ; yawma yous-Habôuna fi n-nâri `alâ woujôuhihim dhôuqôu massa saqar ; ‘innâ koulla chay’in khalaqnâhou biqadar)

Ce qui signifie : « Certes, les mécréants sont dans un égarement ; le jour où ils seront traînés dans le feu sur leurs visages, il leur sera dit : goûtez le châtiment de l’enfer. Certes, Nous créons toute chose selon une destinée », [sourat Al-Qamar / 47-48-49]. [Fin de citation] Puis, Ar-RiDâ a dit : « Mon père citait de ses ancêtres que l’émir des croyants, `Aliyy Ibnou Abî Tâlib disait : « Certes, Allâh crée toute chose selon une destinée, même la faiblesse de compréhension et l’intelligence. A Lui la volonté, par Lui la préservation des péchés et la force pour l’obéissance ». [Fin de citation]

Ainsi, les esclaves de Allâh sont amenés à faire ce qui provient d’eux par leur propre choix (leur choix étant créé par Allâh) et non sous la menace ni par contrainte telle que la plume suspendue dans l’air, que le vent penche à droite et à gauche comme le prétendent les jabriyyah. Et si Allâh ne voulait pas la désobéissance de ceux qui désobéissent, la mécréance des mécréants et l’obéissance de ceux qui obéissent, Il n’aurait pas créé le paradis et l’enfer.

Les créatures sont amenés vers ce quoi Allâh a voulu de toute éternité et su qu’ils allaient faire. Nécessairement, ils seront amenés à le faire par leur propre choix, c’est à dire que Dieu crée en eux le sentiment de choisir. Les croyants sont amenés vers la foi par leur propre choix et les mécréants à qui Allâh a voulu pour eux qu’ils meurent mécréants sont amenés à la mécréance par leur propre choix. La volonté de Allâh s’est réalisée en ceux-là et en ces autres. Allâh est le Créateur du bien et du mal. Celui qui attribue à Allâh ta`âlâ la création du bien et pas la création du mal, il aura attribué à Allâh ta`âlâ l’incapacité et s’il en était ainsi, il y aurait pour ce monde deux créateurs, un créateur du bien et un créateur du mal et ceci est de la mécréance et du chirk. Cet avis stupide conduit, d’autre part, à considérer que Allâh ta`âlâ est vaincu dans Sa souveraineté car, selon cet avis stupide, Allâh ta`âlâ aurait voulu le bien seulement. Le mal qui s’est produit aurait donc eu lieu de Son ennemi ‘iblîs et de ses aides mécréants malgré Sa volonté. Celui qui croit cet avis devient mécréant pour avoir contredit Sa parole ta`âlâ:

﴿وَاللهُ غَالِبٌ عَلَى أَمْرِهِ﴾

(wa l-Lâhou ghâliboun `alâ ‘amrih)

ce qui signifie : « Et la volonté de Allâh se réalise immanquablement », [sourat Yôuçouf / 21] , c’est-à-dire que personne n’empêche Sa volonté de se réaliser.

Le jugement de celui qui attribue à Allâh ta`âlâ le bien et à l’esclave de Allâh le mal, par respect, c’est qu’il n’encourt aucun danger, comme de dire, par exemple : « al-khayrou mina l-Lâh wa ch-charrou layça ilayh » , c’est-à-dire que l’on ne recherche pas l’agrément de Allâh par le mal et on recherche l’agrément de Allâh par le bien. Mais, s’il croit que Allâh est le créateur du bien mais pas du mal, son jugement c’est de le déclarer mécréant.

Allâh n’est pas injuste

Sachez également, que Allâh vous fasse miséricorde, que si Allâh ta`âlâ châtie le désobéissant, c’est par Sa justice, sans injustice. Et s’Il récompense l’obéissant, c’est par Sa grâce, sans que cela soit un devoir pour Lui, car l’injustice ne peut provenir que de celui à qui on ordonne et interdit. Or, Allâh n’a ni qui Lui ordonne ni qui Lui interdit. Il agit dans ce qui Lui appartient selon ce qu’Il le veut car Il est le Créateur des choses et c’est à Lui qu’elles appartiennent.

Il nous est parvenu dans le Hadîth saHîH qu’a rapporté l’Imam Ahmad dans son Mousnad, l’Imam Abou Dâwôud dans ses sounan et Ibnou Hibbân de Ibnou d-Daylamiyy, ce dernier a dit : « Je suis venu voir ‘Oubayy Ibnou Ka`b et je lui ai dit : « Ô Abou l-Moundhir, quelque chose est venue à mon esprit concernant la destinée, peux-tu m’en parler, peut-être Allâh me fera tirer profit de ce que tu me diras ? » . Il a dit : « Certes, si Allâh châtiait les gens de Sa terre et de Ses cieux, Il les châtierait et ce ne sera pas injuste de Sa part envers eux. Et s’Il leur faisait miséricorde, Sa miséricorde leur serait plus bénéfique que leurs actes. Et si tu dépenses autant que la montagne de ‘OuHoud en or dans une voie agréée par Allâh (fî sabîli l-Lâh), Allâh ne l’acceptera pas de toi tant que tu n’as pas cru en la destinée et que tu n’as pas su que ce qui t’a atteint n’était pas pour te manquer et que ce qui t’a manqué n’était pas pour t’atteindre. Si tu meurs sur une autre croyance que celle-là, tu entreras en enfer ». Il a dit : « Ensuite, j’ai été voir `Abdou l-Lâh Ibnou Mas`ôud qui m’a dit la même chose, puis j’ai été voir Houdhayfah Ibnou l-Yamân qui m’a dit semblable à cela, puis j’ai été voir Zayd Ibnou Thâbit et il m’a rapporté semblable à cela du Prophète ».

Confirmation à partir du Hadîth de Mouslim que Allâh est juste

D’autre part, Mouslim a rapporté dans son recueil SaHîHou Mouslim, ainsi que Al-Bayhaqiyy dans Kitâbou l-Qadar, ont rapporté de Abou l-‘Aswad Ad-Dou’aliyy, qu’il a dit : « `Imran Ibnou l-HouSayn m’a dit: « As-tu vu ce que font les gens aujourd’hui et ce pour quoi ils œuvrent, est-ce une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant ou est-ce que c’est une chose nouvelle qui n’a pas été prédestinée et qu’ils font après que leur est venu leur Prophète, après avoir reçu de lui la preuve et les textes de Loi ? Je lui ai alors dit: « C’est plutôt une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant ». Il a dit : « Est ce que ce là serait une injustice ? » J’ai alors été terriblement effrayé et j’ai dit : « Chaque chose est Sa créature et elle Lui appartient. Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait et c’est nous qui serons interrogés ». Il m’a alors dit : « Que Allâh te fasse miséricorde, par ma question j’ai seulement voulu mesurer ta connaissance de la religion ; il y avait deux hommes de la tribu de Mouzaynah qui étaient allés voir le Messager de Allâh Salla lLâhou `alayhi wa sallam et lui ont dit : Ô Messager de Allâh, as-tu vu ce que font les gens aujourd’hui et ce pour quoi ils œuvrent, est-ce une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux auparavant ou est-ce que c’est une chose nouvelle qui n’a pas été prédestinée et qu’ils font après que leur est venu leur Prophète, après avoir reçu de lui la preuve et les textes de Loi ? Il a alors répondu :

« بَلْ شَىْءٌ قُضِيَ عَلَيْهِمْ وَمَضَى عَلَيْهِمْ »

(bal chay’oun qouDiya `alayhim wa maDâ `alayhim)

ce qui signifie : « C’est plutôt une chose qui leur a été prédestinée et qui a été voulue pour eux de toute éternité », et ce qui conforte cela, c’est la parole de Allâh tabâraka wa ta`âlâ :

﴿وَنَفْسٍ وَمَا سَوَّاهَا فَأَلْهَمَهَا فُجُورَهَا وَتَقْوَاهَا﴾

(wa nafsin wa mâ sawwâhâ ; fa’alhamahâ foujôurahâ wa taqwâhâ)

Ce qui signifie : « Allâh crée en la personne le penchant et la volonté à faire le mal et le penchant et la volonté à faire le bien », [sourat Ach-Chams / 7], [Fin de citation].

Allâh égare par Sa justice et guide par Sa grâce D’autre part, a été jugé SaHîH le Hadîth qui suit :

« فَمَنْ وَجَدَ خَيْرًا فَلْيَحْمَدِ اللهَ وَمَنْ وَجَدَ غَيْرَ ذَلِكَ فَلاَ يَلُومَنَّ إِلا نَفْسَهُ »

(faman wajada khayran fa-l-yaHmadi l-Lâha ; wa man wajada ghayra dhâlika falâ yalôumanna ‘il-lâ nafsah)

ce qui signifie : « Celui donc qui fait des actes de bien, qu’il loue Allâh et celui qui fait contraire à cela, qu’il ne s’en prenne qu’à lui-même », [rapporté par Mouslim du Hadîth de Abôu Dharr du Prophète de Allâh `azza wa jall]. Au sujet du premier, c’est celui qui a fait du bien, du fait que Allâh ta`âlâ lui fait grâce de lui accorder la réussite à l’accomplir sans que cela soit un devoir pour Allâh de le lui accorder ; c’est Allâh Qui a fait exister ce bien, c’est Lui Qui a créé l’acte de l’esclave. Que l’esclave loue son Seigneur pour les grâces qu’Il lui accorde. Quant au second, c’est celui qui a fait du mal, du fait que Allâh ta`âlâ manifeste par Sa toute-puissance ce que cet esclave a comme mauvais penchants. C’est bien Dieu Qui crée la volonté et le penchant de l’esclave de faire le bien ou le mal et les actes de bien et de mal. Celui que Allâh égare, c’est donc par Sa justice et celui qu’Il guide, c’est par Sa grâce. Allâh fait ce qu’Il veut et Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait.

L’esclave est rétribué en conséquence de ses propres choix

L’imam An-Naçafiyy a dit : « si un homme frappe du verre avec une pierre et le casse, alors le coup, le fait de casser et la cassure existent par la création de Allâh Ta`âlâ ». Ainsi, l’esclave de Allâh n’a que l’acquisition mais la création n’est propre qu’à Allâh. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿لَها مَا كَسَبَتْ وَعَلَيْهَا مَا اكْتَسَبَتْ﴾

(lahâ mâ kaçabat wa `alayhâ ma ktaçabat)

ce qui signifie : « … La personne a en sa faveur le bien qu’elle a acquis et contre elle le mal qu’elle a acquis » [Al-Baqarah / 286].

Le coup est l’acte de la personne. Il se peut qu’il s’en produise une cassure tout comme il se peut qu’il ne s’ensuive aucune cassure. Le fait de casser c’est l’action de la personne sur le verre par son lancer de pierre. Quant à la cassure, c’est l’effet qui se produit sur le verre. Ainsi, la personne n’a que l’acquisition de son acte volontaire. L’acquisition de l’acte (al-kasb) est le fait que la personne vise l’accomplissement de l’acte et que l’acte ait lieu de sa part à ce moment-là par la création de Allâh. Allâh ta`âlâ dit : {لَهَا مَا كَسَبَتْ} (lahâ mâ kaçabat) ce qui signifie : « Elle a en sa faveur ce qu’elle a acquis » c’est-à-dire comme bien, et {وعليهَا مَا اكتسَبَتْ} (wa`alayhâ ma ktaçabat) ce qui signifie : « et contre elle ce qu’elle a acquis » [Al-Baqarah / 286] c’est-à-dire comme mal. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿وما رَمَيْتَ إِذْ رَمَيْتَ وَلـٰكِنَّ اللهَ رَمىٰ﴾

(wa mâ ramayta ‘idh ramayta wa lâkinna l-Lâha ramâ)

Ce qui signifie : « Tu n’as pas créé le lancer que tu as acquis mais c’est Dieu Qui l’a créé », [Al-‘anfâl / 17]. Ainsi, Allâh confirme que la création est propre à Lui, que c’est une perfection à Son sujet car cela Lui est propre, nul autre que Lui n’a la création, et Il confirme l’acquisition de l’acte pour la personne. C’est cela la voie de la vérité.

De plus, si Allâh avait créé les créatures et avait mis un groupe au paradis et un groupe en enfer pour avoir su de toute éternité qu’ils n’auraient pas été des croyants, alors, ceux qui subiront le châtiment seraient comme l’a décrit Allâh par Sa parole :

﴿وَلَوْ أَنَّا أَهْلَكْنَاهُمْ بِعَذَابٍ مِنْ قَبْلِهِ لَقَالُوا رَبَّنَا لَوْلاَ أَرْسَلْتَ إِلَيْنَا رَسُولا فَنَتَّبِعَ آيَاتِكَ مِنْ قَبْلِ أَنْ نَذِلَّ وَنَخْزَى﴾

(wa law ‘annâ ‘ahlaknâhoum bi`adhâbin min qablihi laqâlôu rabbanâ lawlâ ‘arsalta ‘ilaynâ raçôulan fanattabi`a ‘âyâtika min qabli ‘an nadhilla wa nakhzâ)

Ce qui signifie : « Et si Nous les avions châtiés auparavant, ils auraient certainement dit : Seigneur, si Tu nous avais envoyé un messager, alors nous aurions suivi Tes ordres auparavant et nous n’aurions pas été humiliés ni rabaissés », [sourat Tâhâ / 134]. Allâh ta`âlâ a ainsi envoyé des messagers annonçant la bonne nouvelle et avertissant d’un châtiment pour manifester ce que l’esclave a comme prédisposition pour l’obéissance et pour la désobéissance. Ainsi, celui qui sera châtié le sera après avoir eu la preuve et celui qui sera récompensé le sera après avoir eu la preuve. Il nous a appris qu’il y a un groupe de gens de Sa création dont le devenir est l’enfer à cause de leurs actes qu’ils commettent de leur propre choix. Allâh ta`âlâ savait auparavant, par Sa science exempte de début qu’ils n’allaient pas être des croyants car c’est Allâh Qui a voulu cela de toute éternité et Il fait ce qu’Il veut, Il n’ a pas de compte à rendre. Allâh ta`âlâ dit :

﴿وَلَوْ شِئْنَا لآتَيْنَا كُلَّ نَفْسٍ هُدَاهَا وَلَكِنْ حَقَّ الْقَوْلُ مِنِّي لأَمْلأنَّ جَهَنَّمَ مِنَ الْجِنَّةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ﴾

(wa law chi’nâ la’âtaynâ koulla nafsin houdâhâ wa lâkin Haqqa l-qawlou minnî la’amla’anna jahannama mina l-jinnati wa n-nâci ‘ajma`în)

Ce qui signifie : « Et si Nous avions voulu, Nous aurions donné à chaque âme d’être sur la bonne voie. Mais la parole est véridique de Ma part : certes, Je remplirai l’enfer de jinn et d’hommes ensemble », [sourat as-sajdah / 13]. Allâh ta`âlâ nous informe dans cette ‘Ayah qu’Il dit de toute éternité:

﴿لأَمْلأَنَّ جَهَنَّمَ مِنَ الْجِنَّةِ وَالنَّاسِ أَجْمَعِينَ﴾

(la’amla’anna jahannama mina l-jinnati wa n-nâci ‘ajma`în)

ce qui signifie : « Certes, Je remplirai l’enfer de jinn et d’hommes ensemble » et ce qu’Il dit est vérité et ne changera pas car le changement signifierait un mensonge et le mensonge est impossible au sujet de Allâh. Allâh ta`âlâ dit:

﴿قُلْ فَلِلَّهِ الْحُجَّةُ الْبَالِغَةُ فَلَوْ شَاءَ لَهَدَاكُمْ أَجْمَعِينَ﴾

(qoul li l-Lâhi l-Houjjatou l-bâlighah ; falaw châ’a lahadâkoum ‘ajma`în)

ce qui signifie: « Dis : à Allâh la preuve incontestable. S’Il le voulait, Il vous aurait accordé à tous d’être sur la voie de bien », [sôurat Al-‘An`âm / 149], c’est-à-dire qu’au contraire Il ne veut pas que la totalité d’entre vous soient sur la bonne voie car Il sait que vous ne le seriez pas. Les esclaves sont donc amenés à faire ce qui provient d’eux par leur propre choix et non sous la menace et par contrainte ; leurs choix étant créés par Allâh.

Donc, tout ce qui est entré en existence, que cela soit une substance ou un acte, du grain de poussière au trône, tout mouvement ou toute immobilité des esclaves de Allâh, les intentions et les idées qui traversent l’esprit, tout cela existe par la création de Allâh, nul autre que Allâh ne le crée, ni la nature ni les causes.

Les substances sont les choses qui ont une localisation, qu’elles soient petites comme le grain de poussière ou ce qui est plus petit encore, ou qu’elles soient grandes comme le trône qui est la plus grande des créatures par le volume et la plus étendue par la surface. Le grain de poussière, c’est la plus petite substance que l’on peut voir à l’œil nu. Mais il y a ce qui est encore plus petit, que l’on ne voit pas à l’œil nu et qui a une localisation. Par exemple, il y a la plus petite substance que Allâh a créée et que les savants du tawHîd ont appelée al-jawharou l-fard c’est-à-dire la substance élémentaire à savoir la partie qui ne se divise pas. La substance élémentaire et ce qui est plus grand, tout cela, c’est Allâh Ta`âlâ Qui le fait exister. Il en est de même pour les actes des gens, leurs mouvements, leurs immobilités, leurs pensées, leurs intentions, leurs savoirs, les idées qui leur traversent l’esprit indépendamment de leur volonté, le regard qu’ils portent délibérément ainsi que le clignement d’œil qui est volontaire et celui qui n’est pas volontaire, tout cela c’est Allâh Ta`âlâ Qui le crée en eux. Quant aux gens, ils ne créent rien (dans le sens de faire passer du néant à l’existence).

De même Dieu est le Créateur de la nature et des causes et des conséquence. La nature c’est le caractère que Allâh donne aux substances (exemple : la nature du feu est la chaleur). Certains ont dit que la nature signifie ce qui se produit habituellement (exemple le feu brûle habituellement). Il n’est pas valable selon la raison que cette nature soit créatrice de quoi que ce soit car elle n’a ni volonté ni choix.

La cause (as-sabab), c’est un évènement par l’intermédiaire duquel on parvient à un autre évènement – l’effet ou la conséquence – mais il se peut que cette conséquence ne se produise pas. Quant à l’agent causal (al-`il-lah), chez les spécialistes de la terminologie, c’est ce dont l’existence implique l’existence de l’effet (par la création de Allâh) et ce dont l’inexistence implique l’inexistence de l’effet, comme par exemple le mouvement du doigt qui porte une bague : le mouvement du doigt selon eux est un agent causal (`il-lah) pour le mouvement de la bague car le mouvement de la bague est conséquent au mouvement du doigt. Le mouvement de la bague entre en existence si le mouvement du doigt entre en existence et il n’existe pas si le mouvement du doigt n’existe pas (tout ceci a lieu par la création de Dieu).

L’entrée en existence de tout cela a lieu selon la volonté et par la toute-puissance de Allâh, par Sa prédestination et selon Sa science exempte de début, conformément à la parole de Allâh Ta`âlâ :

﴿وَخَلَقَ كُلَّ شَىْءٍ﴾

(wa khalaqa koulla chay’)

Ce qui signifie : « Il crée toute chose », [Al-Fourqân / 2], c’est-à-dire qu’Il fait exister toute chose après son inexistence. Ainsi, la création dans ce sens-là n’est propre qu’à Allâh. Allâh Ta`âlâ dit :

﴿هَلْ مِنْ خَالِقٍ غَيْرُ اللهِ﴾

(hal min khâliqin ghayrou l-Lâh)

ce qui signifie : « Il n’y a pas de créateur autre que Allâh » [FâTir / 3].

Ainsi tout ce qui entre en existence, c’est-à-dire tout ce qui existe après ne pas avoir existé, que ce soit les substances ou les caractéristiques des substances, tels que les actes, que ce soient les bons actes ou les mauvais actes, les intentions et les idées qui traversent l’esprit et que nous ne pouvons pas empêcher d’arriver, tout cela est créé par Allâh Ta`âlâ. Les actes volontaires des esclaves sont créés par Allâh tout comme les actes involontaires.

Les mou`tazilah ont pourtant contredit à ce sujet, concernant les actes volontaires des gens ; ils ont prétendu que c’est la personne qui en est le créateur. Les savants spécialistes en authentification les ont déclarés mécréants comme Abôu ManSôur Al-Baghdâdiyy, l’Imâm Al-Boulqiniyy, qui fait partie des plus grands ‘aS-Hâb al-woujôuh parmi les savants châfi`iyy, l’Imâm Abou l-Haçan Chîth Ibnou Ibrâhîm Al-Mâlikiyy ainsi que d’autres. Les mou`tazilah ont démenti ainsi la parole de Allâh Ta`âlâ : {وَخَلَقَ كُلَّ شَىء} (wa khalaqa koulla chay’) qui signifie : « Il crée toute chose » [Al-Fourqân / 2] et Sa parole : {هَلْ مِنْ خَالِقٍ غَيْرُ اللهِ} (hal min khâliqin ghayrou l-Lâh) qui signifie : « Il n’y a pas de créateur autre que Allâh » [FâTir / 3] c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’autre créateur que Allâh, ainsi que d’autres ‘âyah. La signification de (al-khalq) ici est de faire exister après l’inexistence. Le mot chay’ , ici, englobe tout ce qui entre en existence.

La destinée, secret de Allâh

Saches que ce que nous avons cité au sujet de la destinée ne relève pas de la discussion que le Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a interdite par sa parole :

« إِذَا ذُكِرَ الْقَدَرُ فَأَمْسِكُوا »

(‘idhâ dhoukira l-qadarou fa’amsikôu)

Ce Hadîth signifie : « Ne vous plongez pas dans la recherche et la discussion au sujet de la destinée pour arriver à Son secret », [rapporté par At-Tabarâniyy]. En effet, ce qui a précédé ici est une exégèse pour la destinée que les textes ont rapportée. Tandis que ce qui est interdit, c’est la discussion pour chercher à parvenir à son secret. Ach-Châfi`iyy et le HâfiDh Ibnou `Açâkir ont rapporté de `Aliyy, que Allâh l’agrée, qu’il a dit à celui qui l’a interrogé sur la destinée : (sirrou l-Lâhi falâ tatakallaf) ce qui signifie : « C’est un secret de Allâh, alors ne t’en charge pas ». Lorsqu’il insista, il lui répondit : « Si tu insistes saches que c’est entre deux, ce n’est ni contrainte, ni délégation ». Notre maître `Aliyy vise par cette parole que la croyance de Ahlou s-Sounnah est que l’esclave a un choix mêlé à une contrainte, que l’esclave a un choix qui est sous la volonté de Allâh et créé par Allâh, et que nous ne disons pas la parole des jabriyyah qui disent que l’esclave n’a pas d’acte mais qu’il est telle une plume suspendue en l’air que le vent mène à droite et à gauche et nous ne disons pas la parole des mou`tazilah qui disent que l’esclave crée ses propres actes. Ahlou s-Sounnah sont au juste milieu, c’est à dire la vérité à savoir que l’esclave à un choix créé par Allâh, ainsi le sentiment dans le cœur de vouloir telle chose ou telle autre, ce sentiment est créé par Allâh et les actes eux mêmes sont créés par Allâh Lui Seul Qui fait entrer les choses du néant à l’existence.

Le Messager de Allâh a blâmé les qadariyyah

Saches aussi que le Messager de Allâh a blâmé les qadariyyah qui sont divisés en plusieurs groupes. Parmi eux, il y a ceux qui disent : (l’esclave de Allâh est le créateur de tous ses actes qu’il fait de son propre choix) et parmi eux, il y a ceux qui disent: (l’esclave de Allâh est le créateur du mal et non du bien). Et les deux groupes sont des mécréants. Le Messager de Allâh a dit :

« الْقَدَرِيَّةُ مَجُوسُ هَذِهِ الأُمَّةِ »

(al-qadariyyatou majôuçou hâdhihi l-‘oummah)

ce qui signifie : « les qadariyyah sont les mazdéens de cette communauté », [rapporté par Al-Boukhâriyy et d’autres du Hadîth de `Oumar]. Les mazdéens sont des mécréants qui adorent le feu. Dans une autre version de ce Hadîth :

« لِكُلِّ أُمَّةٍ مَجُوسٌ ، وَمَجُوسُ هَذِهِ الأُمَّةِ الَّذِينَ يَقُولُونَ لاَ قَدَر »

(likoulli ‘oummatin majôus wa majôuçou hâdhihi l-‘oummah al-ladhîna yaqôulôuna lâ qadar)

ce qui signifie : « A chaque communauté, il y a des mazdéens et les mazdéens de cette communauté sont ceux qui disent : il n’y a pas de destinée », [rapporté par Abôu Dâwôud de Houdhayfah du Prophète Salla lLâhou `alayhi wa sallam] .

Dans le livre Al-Qadar de Al-Bayhaqiyy et le livre Tahdhîbou l-‘Athâr de l’Imam Ibnou Jarîr At-Tabariyy, que Allâh ta`âlâ leur fasse miséricorde, d’après `Abdou l-Lâh Ibnou `Oumar, le Messager de Allâh a dit:

« صِنْفِانِ مِنْ أُمَّتِي لَيْسَ لَهُمَا نَصِيبٌ فِي الإِسْلاَمِ الْقَدَرِيَّةُ وَالْمُرْجِئَةُ »

(Sinfâni min ‘oummatî layça lahoumâ naSîboun fi l-‘islâm : ‘al-qadariyyatou wa l-mourji’ah)

Ce qui signifie : « Deux genres de gens se réclamant de ma communauté n’ont aucune part dans l’Islam : les qadariyyah et les mourji’ah ». Les mou`tazilah sont les qadariyyah car ils ont considéré égaux Allâh et l’esclave en reniant à Son sujet `azza wa jall la toute-puissance sur ce qu’Il aurait rendu Son esclave capable de faire. C’est comme s’ils confirmaient en réalité l’existence de deux créateurs tout comme l’ont fait les mazdéens en affirmant l’existence de deux créateurs, un créateur du bien qui est selon eux la lumière et un créateur du mal qui est selon eux l’obscurité. Les mourji’ah sont un groupe égaré qui se réclame de l’Islam. Ils croient que l’esclave de Allâh ne sera pas châtié s’il est croyant, quels que soient ses grands péchés et même s’il meurt sans repentir et ceci est de la mécréance.

Les deux sens de la guidée

Quant au terme « la guidée – al-hidâyah – », il s’emploie selon deux sens : L’un d’eux : le fait de montrer la vérité, d’y appeler et d’en présenter les preuves, employé dans ce sens, il est valable d’attribuer la guidée aux messagers et à toute personne qui appelle à la religion agréée par Allâh, comme dans Sa parole ta`âlâ à propos de Son Messager MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam :

﴿وَإِنَّكَ لَتَهْدِي إِلَى صِرَاطٍ مُسْتَقِيمٍ﴾

(wa ‘innaka latahdî ‘ilâ SirâTin moustaqîm)

ce qui signifie : « Et tu guides certes vers un chemin de droiture », [sourat Ach-Chôurâ / 52] ; et dans Sa parole ta`âlâ:

﴿وَأَمَّا ثَمُودُ فَهَدَيْنَاهُمْ﴾

(wa ‘ammâ thamôuda fahadaynahoum fastaHabbou l-`amâ `ala l-houdâ)

ce qui signifie : « Et quant à Thamoud, Nous leur avons montré la vérité mais ils ont préféré l’égarement à la bonne voie », [sourat FouSSilat / 17], ici « hadaynâhoum » veut dire « Nous leur avons montré la vérité ».

Quant au second sens de al-hidâyah : c’est pour exprimer que c’est Allâh ta`âlâ Qui guide Ses esclaves, c’est-à-dire la création de la bonne guidée dans leurs cœurs, comme dans Sa parole ta`âlâ :

﴿فَمَنْ يُرِدِ اللهُ أَنْ يَهْدِيَهُ يَشْرَحْ صَدْرَهُ لِلإِسْلاَمِ وَمَنْ يُرِدْ أَنْ يُضِلَّهُ يَجْعَلْ صَدْرَهُ ضَيِّقًا حَرَجًا﴾

(faman youridi l-Lâhou ‘an yahdiyahou yachraH Sadrahou li l-‘Islâmi wa man youridi l-Lâhou ‘an youDillahou yaj`al Sadrahou Dayyiqan Harajâ)

Ce qui signifie: « Quant à celui que Allâh veut guider, Il rend son cœur ouvert pour accepter l’Islam et celui qu’Il veut égarer, Il rend son cœur étroit et gêné », [sourat Al-‘An`âm / 125]. Quant à Al-‘IDlal, le fait d’égarer, c’est la création de l’égarement dans le cœur des égarés.

La volonté des esclaves de Allâh est donc sous la volonté de Allâh

Allâh ta`âlâ dit :

﴿وَمَا تَشَاءُونَ إِلا أَنْ يَشَاءَ اللهُ﴾

(wa mâ tachâ’ôuna ‘il-lâ ‘an yachâ’a l-Lâhou rabbou l-`âlamîn)

ce qui signifie : « Et vous ne voulez que si Allâh, le Seigneur des mondes, veut », [sourat At-Takwîr / 29]. Par ailleurs, cette ‘Ayah est la preuve la plus claire sur l’égarement du groupe qui disent que si l’esclave a voulu la bonne voie, Allâh le guide alors et si l’esclave a voulu l’égarement, Allâh l’égare. Que disent-ils donc au sujet de cette ‘Ayah :

﴿فَمَنْ يُرِدِ اللهُ أَنْ يَهْدِيَهُ يَشْرَحْ صَدْرَهُ لِلإِسْلاَمِ﴾

(faman youridi l-Lâhou ‘an yahdiyahou yachraH Sadrahou li l-‘islâm)

ce qui signifie : « Celui donc que Allâh veut guider, Il fait que son cœur soit grand ouvert à l’Islam ». En effet, elle est claire dans le fait que la volonté de l’esclave est sous la volonté de Allâh, car Allâh S’est attribué dans cette ‘Ayah la volonté à Lui-même et ne l’a pas renvoyée à l’esclave. De plus, dans Sa parole (wa man yourid ‘an youDillah) qui signifie : « Et celui qu’Il veut égarer », il n’est pas possible que le sujet du verbe égarer dans (yourid ‘an youDillah) soit l’esclave car ceci reviendrait à attribuer au Qour’ân d’être pauvre de style et faible dans les expressions. Or le Qour’ân a la meilleure rhétorique, il n’y a pas de plus éloquent.

Il a été rapporté du Prophète Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam qu’il a enseigné à l’une de ses filles :

« مَا شَاءَ اللهَ كَانَ وَمَا لَمْ يَشَأْ لَمْ يَكُنْ »

(mâ châ’a l-Lâhou kâna wa mâ lam yacha’ lam yakoun )

ce qui signifie : « Ce que Allâh veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas ». Ce Hadîth a été rapporté par Abôu Dâwôud dans ses Sounan et il a été transmis par la suite à un grand nombre de personnes par un grand nombre de personnes de sorte qu’il s’est largement répandu parmi les gens de la communauté.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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