Le Gain Usuraire Prêt avec Intérêt Ar-Ribâ

Le Gain Usuraire Prêt avec Intérêt Ar-Ribâ

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu le Créateur du monde Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps, rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent. Et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre Maître MouHammad Al-‘Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam au dernier MouHammad.

Allâh ta âlâ dit :

﴿ وَأَحَلَّ اللَّـهُ الْبَيْعَ وَحَرَّ‌مَ الرِّ‌بَا ﴾

Ce qui signifie: « Allâh a rendu licite la vente et a interdit le gain usuraire » [sourat al-baqarah ‘âyah275].

Le Messager de Allâh Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam a dit :

« كُلُّ قَرْضٍ جَرَّ مَنْفَعَة فَهو رِبا »

(koullou qarDin jarra manfa`ah fahouwa ribâ)

ce qui signifie : « Tout prêt où il est conditionné un intérêt c’est un gain usuraire », [rapporté par al-Bayhaqiyy].

Et il a dit aussi :

« لَعَنَ اللهُ ءَاكِلَ الرِّبا وَمُوكِلَهُ وَكَاتِبَهُ وَشَاهِدَيْهِ »

(la`ana l-Lâhou ‘âkila r-ribâ wa môukilahou wa kâtibahou wa châhidayh)

Ce qui signifie : « Allâh maudit celui qui consomme le gain usuraire, celui qui le donne, celui qui l’écrit et ses deux témoins » [rapporté par Abôu Dâwôud]

Le gain usuraire (ar-ribâ) est interdit : le pratiquer, le consommer, le prendre, le noter et être témoin de son contrat.

Concernant le gain usuraire suite au prêt (riba l-qarD), c’est comme par exemple si un homme prête de l’argent à un autre puis, l’échéance arrivant, lui dit : soit tu me payes, soit j’augmente la somme que tu me dois. Ainsi imposer des majorations pour les retards de paiement ceci est interdit car c’est un gain usuraire . Certains savants Hanafiyy ont dit que c’est le premier cas pour lequel l’interdiction du gain usuraire a été révélée.

Ainsi, concernant le gain usuraire suite à un prêt, il s’agit de tout prêt pour lequel il a été posé comme condition un profit pour le créancier ou pour lui et pour l’emprunteur, que ce profit soit un supplément ou qu’il ne le soit pas.

Ainsi, le gain usuraire avec surplus dans ce qui est prêté, c’est le gain usuraire courant dans les banques ou autres, dans lequel un surplus est posé comme condition.

Pour ce qui est du gain usuraire sans surplus, il s’agit par exemple de ce que font certains lorsque quelqu’un prête à quelqu’un d’autre à une échéance donnée en posant comme condition de se faire loger gratuitement chez lui ou moyennant une contrepartie allégée jusqu’à ce qu’il rembourse ce prêt. Dans certains pays ils appellent cela (al-istirhân) et c’est interdit selon l’Unanimité des savants moujtahid, les quatre Imams et les autres.

Parmi les choses qui comptent comme gain usuraire, il y a ce que font certaines personnes qui vendent un objet dont le paiement est échelonné avec un délai bien déterminé mais avec comme condition que si l’acheteur retarde une des échéances, le prix lui sera majoré. S’il n’y avait pas cette condition, la vente serait permise, quelle que soit l’augmentation de prix due à l’échelonnement par rapport au prix au comptant.

Vendre à échelonnement à l’origine est quelque chose de permis si les deux contractants se séparent en ayant précisé lequel des deux modes de paiement l’acheteur a choisi, c’est-à-dire qu’il a bien voulu payer à échelonnement ou bien au comptant. Ce qui est interdit c’est qu’ils se séparent avant cette précision alors que l’acheteur a pris l’objet vendu. C’est ce qui est visé par l’interdiction de « deux ventes en une ».

Parmi les exemples de gains usuraire suite au prêt il y a aussi :

– vendre du coton ou une autre marchandise en ayant accordé parallèlement un prêt à l’acheteur et en augmentant ensuite le prix de ces marchandises à cause du prêt consenti ;

– accorder un prêt à un tisserand ou à toute autre personne dont on loue les services, en la faisant travailler pour une paie inférieure au salaire courant à cause de ce prêt, c’est-à-dire si on pose cela comme condition ;

– accorder un prêt aux agriculteurs jusqu’à leur récolte à la condition qu’ils vendent au créancier leur production à un prix inférieur.

Ces choses précédemment citées sont interdites à condition qu’un accord soit préalable à cela, c’est à dire si on pose une condition d’intérêt pour le prêt. Ceci compte parmi le gain usuraire suite au prêt. Par contre, s’il a prêté pour ces questions-là sans qu’il y ait eu cet accord et qu’il a passé le contrat par la suite, cela n’est pas interdit.

Remarque: Ce qui est appelé mourabaHa en islam qui consiste à demander à une tierce personne d’acheter une maison et ensuite de nous la vendre (plus chère) par mensualité (sans conditionner des majorations de retard) cela est permis en Islam, car cela devient une vente et la vente est permise même en faisant des bénéfices, voir : Transactions en Islam.

Il y a une autre sorte de gain usuraire qui est citée dans le Hadîth rapportés par Mouslim et autres que lui :

« الذّهَبُ بالذهب والفِضَّةُ بالفِضَّةِ والبُرُّ بالبُرِّ والشَّعيرُ بالشَّعيرِ والمِلحُ بالمِلحِ والتَّمرُ بالتَّمرِ رِبا إلاّ مِثلا بمثل سواء بسواء يدا بيد »

(Adh-dhahabou bi dh-dhahabi wa l-fiDDatou bi l-fiDDati wa l-bourrou bi l-bourri wa ch-cha`îrou bi ch-cha`îri wa l-milHou bi l-milHi wa t-tamrou bi t-tamri ribâ ‘illâ mithlan bi mithl sawâ’an bi sawâ’ yadan biyad)

ce qui signifie : « Vendre de l’or contre de l’or ou de l’argent métal contre de l’argent métal ou du blé contre du blé ou de l’orge contre de l’orge ou du sel contre du sel ou des dattes contre dattes est un gain usuraire sauf s’il y a équivalence [de poids pour l’or et de volume pour le blé] et prise de possession respective avant la séparation des deux contractants et qu’il n’y ait pas de délai de règlement fixé ».

Ainsi c’est du gain usuraire :

* de vendre de l’une des deux monnaies précieuses (naqd) contre l’autre en fixant un délai de règlement, les deux monnaies précieuses étant l’or et l’argent métal, frappées en pièce de monnaie ou non, sous forme de bijoux ou sous forme de métal brut ;

* ou également la vente d’une monnaie précieuse contre une autre de la même espèce – c’est-à-dire de l’or contre de l’or ou de l’argent métal contre de l’argent métal – en fixant un délai de règlement ou bien en se séparant sans prises de possession respectives ;

* ou bien avec une inégalité, c’est-à-dire la vente de l’or contre l’or ou de l’argent métal contre l’argent métal avec un surplus de poids de l’un des deux articles sur l’autre [en prenant en compte la partie pure d’or ou d’argent] ;

* et de même pour la vente des denrées alimentaires entre elles, c’est-à-dire qu’il n’est permis de les vendre, lorsqu’il s’agit de deux espèces différentes comme par exemple du blé contre de l’orge, qu’à deux conditions : qu’on ne précise pas de délai de règlement et qu’on ne se sépare pas avant les prises de possession respectives. S’il s’agit de la même espèce comme par exemple du blé contre du blé, ces deux conditions seront requises ainsi que l’égalité du volume. Il ne sera donc permis de vendre de l’orge contre de l’orge que s’il y a égalité de volume, s’il n’y a pas de délai de règlement et si les prises de possession respectives ont eu lieu avant la séparation.

Récapitulatif :

Ainsi ce gain usuraire est un contrat qui comporte une contrepartie spécifique [monnaies précieuses ou denrées alimentaires] qui n’est pas connue comme étant équivalente selon la balance de la Loi au moment du contrat ou avec un délai, pour l’une des deux contreparties ou pour les deux. Cette sorte de gain usuraire se divise en trois :

L’une d’entre elles, que l’on appelle (ribâ l-faDl), le gain usuraire de surplus, c’est la vente de deux contreparties de la même espèce l’une contre l’autre, avec un surplus dans l’une des deux, comme si quelqu’un vend un dinar (or) contre deux dinars, ou un dirham (argent) contre deux dirhams, ou un Sâ` de blé contre deux Sâ` de blé.

La deuxième sorte appelée (ribâ l-yad) est la vente avec un délai dans la prise de possession des deux contreparties, ou bien avec un délai dans la prise de possession de l’une des deux contreparties, comme lorsque les deux contractants se séparent avant d’en avoir pris possession ou s’ils se fixent un délai de choix avant la prise de possession, c’est-à-dire qu’ils confirment le contrat [avant la prise de possession]. C’est un gain usuraire si les deux contreparties ont une même cause du gain usuraire comme deux nourritures de base ou deux monnaies précieuses.

La troisième sorte est celle qu’on appelle (ribâ n-naçâ) : c’est-à-dire avec un délai de règlement. C’est comme la vente d’une denrée alimentaire contre une autre ou de l’une des deux monnaies précieuses contre une autre, de même espèce ou d’espèce différente, moyennant un délai, même si ce délai est très court comme un instant ou une minute. C’est dans le cas où il requiert cela par sa parole comme s’il disait : « Je te vends ce dînâr contre cet autre dînâr », ou « ce dînâr contre ces dirham », ou « ce blé contre ce blé », ou « ce blé contre cet orge » ; « à condition que tu me le livres demain, ou à telle heure, ou après tant d’heures, ou à la sixième minute à partir de maintenant » ou tout ce qui est du même ordre. C’est cela la signification du délai.

Le gain usuraire concernant les monnaies est spécifique aux monnaies précieuses et ne concerne pas les autres monnaies, car les monnaies précieuses sont celles qui sont citées dans le Hadîth concernant le gain usuraire rapportés par Mouslim, Abôu Dâwôud et d’autres qui comporte sa parole Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam :

« الذهب بالذهب ربا إلاّ مثلاً بـمثل والفضّة بالفضّة ربا إلاّ مثلاً بـمثل »

(adh-dhahabou bidh-dhahabi ribâ ‘il-lâ mithlan bi mithl, wa l-fiDDatou bil-fiDDati ribâ ‘il-lâ mithlan bi mithl)

ce qui signifie : « L’or contre l’or est un gain usuraire sauf s’il y a équivalence des deux parties de même que l’argent métal contre l’argent métal est un gain usuraire sauf s’il y a équivalence des deux parties ». En effet, les deux monnaies précieuses sont une référence concernant les prix.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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1 Comment

  1. Abou Ahmad

    Il y a un avis chez les savants hanafi (basé sur un Hadîth) concernant le crédit avec intérêt : si cela est fait dans un pays de mécréant avec un non musulman (le banquier) et que le musulman est gagnant dans cela (comme l’achat d’une maison) cela est permis, donc ceci n’est pas valable dans un pays de musulman. Il est valable de suivre cette avis.

    Bien sûr il n’est pas permis de demander au banquier qu’elle est ta religion si on sait qu’il n’est pas musulman car aider à prononcer la mécréance est de la mécréance. On se base sur son apparence. Voir : Ordonner le Bien et Interdire le Mal

    Selon les autres savants des quatre écoles cela reste interdit.

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