Paroles des Savants Sunnites Expliquant le Hadîth de Al-Jâriyah femme esclave

Paroles des Savants Sunnites Expliquant le Hadîth de Al-Jâriyah femme esclave

بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La louange est à Dieu, le Créateur du monde. Celui Qui existe sans début, sans fin, sans endroit, sans comment et ne dépend pas du temps. Rien n’est tel que Lui et Il est Celui Qui entend et Qui voit, quoi que tu puisses imaginer Dieu en est différent, et que l’élévation en degré et la préservation de sa communauté de ce qu’il craint pour elle soient accordées à notre Maître MouHammad Al-’Amîn, l’Honnête, celui qui a appelé à la religion de vérité, l’Islam la religion de tous les Prophètes du premier ‘Adam `alayhi s-salâm au dernier MouHammad Salla l-Lâhou `alayhi wa sallam.

Le Chaykh As-Soubki Al-Azhari explique le Hadîth de la femme esclave (al-jâriyah) et Hadîth an-Nouzoul

fatawa-soubki-azhariSoubki azhari hadith de la femme esclave al jariyah

Dans son ouvrage « Ithafou l-Kainat bi-bayani s-salaf wa l-khalaf fi l-moutachabbihat », le Chaykh As-Soubki Al-Azhari a rédigé une longue fatwa, dans laquelle il a dit :

« ومعنى (ينزل ربنا إلى السّماء الدُّنيا) ينزل رسوله أو رحمته. وأما إقرار الرسول صلى الله عليه وآله وسلم الجارية على إشارتها نحو السماء فاكتفاء منها بما يدل على عدم شركها لتعتق، لأنه بإشارتها إلى السماء علم أنها ليست ممن يعبد الأصنام التي في الأرض »

« Et la signification de (yanzilou rabbounâ ‘ila s-samâ’i d-dounyâ) descend Son messager (ange) ou Sa miséricorde. Quant à la décision du Messager (Salla l-Lâhou ta`âlâ `alayhi wa `âlâ âlihi wa sallam) de libérer la femme esclave (al-jâriyah), lorsqu’elle a dirigé sa main vers le ciel, c’est parce que cela indique de sa part qu’elle n’attribue pas d’associé à Allâh. Car en montrant le ciel du doigt, il a su qu’elle n’était pas de ceux qui adorent les idoles qui sont sur terre. »

Informations utiles :

– L’Imam Abou MouHammad MaHmoud ibnou MouHammad ibnou AHmad Khattab As-Soubki Al-Azhari Al-Maliki est décédé en 1352 de l’Hégire (raHimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a plus de 80 ans. Il était l’un des Chaykh de l’Université Islamique Al-Azhar.

– Ici, il explique comment les savants du khalaf ont compris et expliqué le Hadîth al-jariyah. Nous voyons qu’en aucun cas, les savants de l’Islam ont compris de ce Hadîth que le prophète aurait interrogé cette femme esclave d’une interrogation au sujet de l’endroit, ou bien qu’elle aurait désigné le ciel pour indiquer que Allâh serait dans le ciel, comme le prétendent les mouchabbihah (assimilationnistes). En effet, Allâh n’est pas concerné par l’endroit et la direction. Il n’est ni dans le ciel, ni au-dessus du ciel, ni dans aucun autre endroit. Dieu existe sans endroit.

– Cette fatwa fut validée par une assemblée de savants de l’Université Islamique Al-Azhar, composée du Chaykh MouHammad An-Najdi, le chaykh des maîtres des Chafi’ites ; du Chaykh MouHammad Sabi’ Adh-Dhahabi, le Chaykh des maîtres Hanbalites ; du Chaykh MouHammad al-’Azbi Rizq, l’enseignant des hautes études ; du Chaykh ‘Abdoul-Hamid ‘Ammar, l’enseignant des hautes études ; du Chaykh ‘Aliyy An-Nahrawi, l’enseignant des hautes études ; le Chaykh Dousouqi ‘Abdoullah Al-’Arabi, du comité des grands savants ; du Chaykh ‘Ali Mahfoudh, l’enseignant dans les spécialités de Al-Azhar ; du Chaykh Ibrahim ‘Ayyarah Ad-Daljamouni, l’enseignant dans la section spécialisation de Al-Azhar ; le Chaykh MouHammad ‘Alyan, grand savant de Al-Azhar ; du Chaykh Ahmad Makki, l’enseignant dans la section des spécialisations de Al-Azhar ; et du Chaykh MouHammad Houcayn Himdan.

L’Imam An-Nawawiyy explique le Hadîth al-Jâriyah (Hadîth de la femme esclave)

Dans son commentaire du SaHîH Mouslim, lors de l’explication du Hadith Al-Jâriyah (le Hadith de la femme esclave) l’Imam An-Nawawiyy a dit :

« Au sujet de sa parole (c’est-à-dire la parole du Prophète), ŝalla l-Lâhou `alayhi wa sallam « ayna l-Lâh? » Elle répondit « fi s-samâ’» (les expressions ne sont pas traduites car An-Nawawiyy va expliquer leur sens plus bas) Il lui demanda : « Qui suis-je? » Elle répondit « Tu es le Messager de Allâh ». Il dit alors : Libère-là car elle est certes croyante ».

Ce Hadîth fait partie des Hadîth qui traitent des attributs de Allâh. Il y a, au sujet de ces Hadîth, deux voies principales (madh-hab) au sujet de la croyance, que nous avons déjà clarifiées de nombreuses fois dans le livre au sujet de la Foi (c’est-à-dire le chapitre de la Foi dans le recueil de Hadîth de Mouslim);

Et l’une de ces voies est : y croire sans plonger dans [le détail] du sens avec la croyance que rien n’est tel que Dieu, et [la croyance qu]‘Il est exempt de ce qui advient aux créatures.

La deuxième voie, c’est l’interpréter selon ce qui est digne de Lui. Ceux qui ont choisi cette position ont dit : ici le sens était de la tester, afin de voir : est-ce qu’elle était une monothéiste, qui croit effectivement que le Seigneur, Celui qui domine toute chose, Celui qui fait ce qu’Il veut, c’est Allâh Lui seul, et qu’Il est Celui pour lequel ceux qui font des invocations se dirigent vers le ciel, de la même façon que celui qui prie se dirige vers la Ka`bah; et ce n’est pas parce qu’Il serait circonscrit dans [ou au-dessus] le ciel, de même qu’Il n’est pas circonscrit dans la direction de la Ka`bah, mais il en est ainsi parce que le ciel est la Qiblah de ceux qui font des invocations, et la Ka`bah est la direction de ceux qui prient. Ou bien elle faisait partie des adorateurs d’idoles, qui adorent les statues qui se trouvent tout autour d’eux, et lorsqu’elle a dit « fi s-sama », il a été su qu’elle était une monothéiste, et qu’elle ne faisait pas partie des adorateurs d’idoles ; al-QâDî `iyâD (grand savant mâlikîte) a dit :

« قال القاضي عياض : لا خلاف بين المسلمين قاطبة فقيههم ومحدثهم ومتكلمهم ونظارهم ومقلدهم أن الظواهر الواردة بذكر الله تعالى في السماء كقوله تعالى {أأمنتم من في السماء أن يخسف بكم الارض} ونحوه ليست على ظاهرها بل متأولة عند جميعهم »

Ce qui signifie : il n’y a pas de divergence chez la totalité des savants, que les textes du Qour’ân et du Hadîth où il est cité Allâh fi s-samâ’ ne sont pas prises dans le sens apparent mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] ».

Informations utiles :

– L’imam, le HâfiDH Abou Zakariyya Mouhyi d-Din YaHya Ibnou Charaf An-Nawawiyy est un savant de référence. Il est né en 631 et il est décédé en 676 de l’hégire (rahimahou l-Lâh), c’est-à-dire il y a plus de 750 ans. Il est du madh-hab (École de jurisprudence) de l’Imam Ach-Châfi`iyy. Son charH (commentaire) du SaHîH Mouslim est incontournable.

– Ici il explique le Hadîth connu sous le nom de Hadîth al-Jâriyah (le Hadîth de la femme esclave), et il dit qu’au sujet de ce genre de Hadîth (c’est à dire les Hadîth équivoque -moutachabih -) il y a deux méthodologies correctes:

La première : croire en ce qui est révélé dans les Textes sans rentrer dans les détails du sens, tout en exemptant Allâh de toute ressemblance et caractéristique des créatures (c’est ce qu’on appelle l’interprétation globale).

La seconde : Interpréter selon un sens digne d’être attribué à Allâh (c’est ce qu’on appelle l’interprétation détaillée).

Ces deux voies qui sont toutes les deux correctes ont en commun de ne pas prendre le sens apparent.

– Lors de son explication, il dit très bien que ce Hadîth ne signifie pas que Allâh est dans (ou au dessus) le ciel.

Al-QâDî ‘IyâD rapporte l’unanimité sur le fait que la parole Allâh fi s-samâ’ n’est pas à prendre au sens apparent

Dans son commentaire du SaHîH Mouslim, lors de l’explication du Hadîth Al-Jâriyah (le Hadîth de la femme esclave) l’Imam An-Nawawiyy a dit :

« قال القاضي عياض : لا خلاف بين المسلمين قاطبة فقيههم ومحدثهم ومتكلمهم ونظارهم ومقلدهم أن الظواهر الواردة بذكر الله تعالى في السماء كقوله تعالى {أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الْأَرْ‌ضَ} ونحوه ليست على ظاهرها بل متأولة عند جميعهم »

« Al-QâDî ‘IyâD a dit : Il n’y a pas de divergence entre les musulmans dans leur totalité, qu’il s’agisse des savants du fiqh, du Hadîth, de la croyance, et de ceux qui les suivent, que les textes [du Qour’ân et du Hadîth] dans lesquelles il est cité “Allâh fi s-samâ’ ” comme Sa parole ta’âlâ { أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاءِ أَن يَخْسِفَ بِكُمُ الْأَرْ‌ضَ } (a-amintoum man fi s-samâ’ an yakhsifa bikoumou l-arD ) ne sont pas pris dans le sens apparent (DHâhir), mais ils sont interprétés [par ce qui est digne de Allâh] chez la totalité d’entre eux (les savants). »

Informations utiles :

– Le QâDî -juge- Abou l-FaDl ‘IyâD ibnou Mouça ibnou ‘Iyad al-Yahsoubi connu sous le nom de QâDî ‘IyâD, est un grand savant Malikite. Il est né en 476 et il est décédé en 544 de l’Hégire (rahimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a plus de 950 ans.

– Ici, il rapporte l’unanimité sur le fait que les versets du Qour’ân et les Hadîth où il est cité « Allâh fi s-samâ’ » ne doivent pas être pris selon le sens apparent, mais qu’ils doivent être interprété par ce qui est digne de Allâh.

– Le hadith de la femme esclave (Hadîth al-jâriyah) dans lequel il est dit « fi s-samâ’ » et le verset {a-amintoum man fi s-samâ’} [Sôurat Al-Moulk] ne doivent donc pas être pris dans leur sens apparent selon l’unanimité.

L’Imam Al-Qourtoubi explique le Hadîth de la femme esclave et le verset « A-amintoum man fi s-samâ’ »

Dans son livre « At-Tidh-kar fi Afdal al-Adhkar », l’Imam Al-Qourtoubi a dit :

لأَنّ كلّ من في السّماوات والأرض وما فيهما وما بينهما خلق الله تعالى وملك له ، وإذا كان ذلك كذلك يستيل على الله أن يكون في السّماء أو في الأرضِ ، إذ لو كان في شىء لكان محصورا أو محدودًا ولو كان ذلك لكان محدثا. وهذا مذهب أهل الحقِّ والتّحقيق. وعلى هذه القاعدة قوله تعالى : { أَأَمِنتُم مَّن فِي السَّمَاءِ } وقوله صلى الله عليه وسلّم للجارية: ” أين اللهُ ” ولم ينكر عليها، وما كان مثله ليس على ظاهره، بل هو مؤول تأويلات صحيحة، قد أبداها كثيرٌ من أهل العلم في كتبهم.

« Parce que tout ce qui est dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ’) et sur terre et ce qui est entre eux est une création de Allâh ta’âlâ et Lui appartient, et si il en est ainsi, il est donc impossible que Allâh soit dans [ou au-dessus] les cieux (fi s-samâ’) ou sur terre, car s’Il était dans quelque chose Il serait circonscrit ou limité, et s’Il était ainsi, Il aurait été créé. Ceci est la voie des gens de la vérité et de l’authentification.

Et [on suit] la même règle pour Sa parole « A-amintoum man fis-samâ’ » et sa parole [c’est-à-dire la parole du Prophète] Salla l-Lâhou ‘alayhi wa sallam à la femme esclave : «Ayna l-Lâh ?» et elle a répondu « fi s-samâ’ » et il ne l’a pas contredit, et ce qui est de cet ordre, ce n’est pas selon le sens apparent mais c’est interprété avec des interprétations correctes, qui sont très nombreuses dans les livres des gens de science »

– Le Moufassir –exégète– MouHammad Ibnou AHmad Al-’Ansari Al-Qourtoubi est décédé en 671 de l’Hégire (raHimahou l-Lâh) c’est-à-dire il y a plus de 760 ans. Il est du madh-hab (Ecole de jurisprudence) de l’Imam Mâlik. Il est très connu pour son tafsir « Al-Jami’ou li AHkami l-Qour’ân ».

– Ici il confirme que la voie des gens de la vérité est de croire que Allâh n’est ni dans les cieux, ni au-dessus des cieux, ni sur terre. Et il explique que le verset « A-‘amintoum man fis-samâ’ » [Sourat Al-Moulk], ainsi que le Hadîth de la femme esclave (jâriyah) et les autres textes de cet ordre, ne sont pas à prendre selon le sens apparent, mais qu’ils doivent être interprétés de manière correct.

Dans « Al-Fatawa Al-Hindiyyah » il est dit qu’attribuer un endroit à Allâh est de la mécréance

Dans le livre « Al-Fatawa Al-Hindiyyah » composé par Chaykh Nidham Ad-Din Al-Balkhi et un groupe de 500 savants, il est mentionné :

« يكفر بإثبات المكان لله تعالى »

« Devient mécréant, celui qui attribue l’endroit à Allâh ta’âlâ »

Ensuite il est dit:

« ولو قال الله تعالى في السماء، فإن قصد به حكاية ما جاء فيه ظاهر الأخبار لا يكفر و إن أراد به المكان يكفر»

« Et s’il dit, « Allâh fi s-samâ’ » ,[il y a deux cas :] si il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, il ne commet pas de mécréance, mais s’il visait par cela l’endroit, il commet de la mécréance. »

Informations utiles :

– Al-Fatawa Al-Hindiyyah est un recueil de fatwas de savants Hanafites du continent asiatique, principalement du sous-contient Indien (Inde, Pakistan, Bangladesh…) qui regroupe presque tous les avis de l’école Hanafite et qui est une référence jusqu’à nos jours concernant les jugements de l’école. Il a été écrit il y a plus de 300 ans.

– Il a été dit que 500 savants du sous-continent Indien ont travaillé à ce recueil (chaque groupe de savants d’un état Indien était en charge d’un chapitre), et qu’ils n’écrivaient une fatwa que lorsque personne ne la contestait.

– Le titre original de ce recueil c’est Fatawa-e-Alamgiri, en perse, du nom du sultan Aurangzeb , mort en 1707 qui avait facilité aux savants hanafites la compilation de ces fatwas. Elles ont très vite été surnommées “al-Fatawa al-Hindiyya” en arabe.

– Ici, il est dit clairement qu’attribuer à Allâh un endroit est de la mécréance. Et également que celui qui dit « Allâh fi s-sama» et qui vise par cette parole que Allâh est dans un endroit, a également commis de la mécréance.

Dans le livre « Al-Fatawa Al-Hindiyyah » composé par Chaykh Nidham Ad-Din Al-Balkhi et un groupe de 500 savants, il est mentionné :

« يكفر بإثبات المكان لله تعالى »

« Devient mécréant, celui qui attribue l’endroit à Allâh ta’âlâ »

Ensuite il est dit:

« ولو قال الله تعالى في السماء، فإن قصد به حكاية ما جاء فيه ظاهر الأخبار لا يكفر و إن أراد به المكان يكفر»

« Et s’il dit, « Allâh fi s-samâ’ » ,[il y a deux cas :] si il visait le simple fait de répéter ce qui est parvenu de manière apparente dans les textes, il ne commet pas de mécréance, mais s’il visait par cela l’endroit, il commet de la mécréance. »

Informations utiles :

– Al-Fatawa Al-Hindiyyah est un recueil de fatwas de savants Hanafites du continent asiatique, principalement du sous-contient Indien (Inde, Pakistan, Bangladesh…) qui regroupe presque tous les avis de l’école Hanafite et qui est une référence jusqu’à nos jours concernant les jugements de l’école. Il a été écrit il y a plus de 300 ans.

– Il a été dit que 500 savants du sous-continent Indien ont travaillé à ce recueil (chaque groupe de savants d’un état Indien était en charge d’un chapitre), et qu’ils n’écrivaient une fatwa que lorsque personne ne la contestait.

– Le titre original de ce recueil c’est Fatawa-e-Alamgiri, en perse, du nom du sultan Aurangzeb , mort en 1707 qui avait facilité aux savants hanafites la compilation de ces fatwas. Elles ont très vite été surnommées “al-Fatawa al-Hindiyya” en arabe.

– Ici, il est dit clairement qu’attribuer à Allâh un endroit est de la mécréance. Et également que celui qui dit « Allâh fi s-samâ’» et qui vise par cette parole que Allâh est dans un endroit, a également commis de la mécréance.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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