La Prière en Assemblée AL-JAMA`AH

La Prière en Assemblée AL-JAMA`AH
بِسْمِ اللهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيم

La prière en assemblée pour les cinq prières est une obligation communautaire (farDou kifâyah) pour :

1 – les personnes de sexe masculin et libres ; elle n’est donc pas un devoir pour les femmes car ce qui est requis d’elles, c’est le surcroît de discrétion.

2 – pubères ; elle n’est pas un devoir pour l’enfant non pubère, mais il est du devoir de son tuteur d’ordonner à l’enfant qui a atteint l’âge de distinction (en plus des sept ans lunaires) de faire la prière du vendredi et la prière en assemblée.

3 – sains d’esprits ; elle n’est donc pas un devoir pour le fou

4 – résidents ; elle n’est donc pas un devoir pour le voyageur. Le voyageur est celui qui a eu l’intention de résider dans la ville moins que quatre jours complets, sans compter ses jours d’arrivée et de départ.

5 – qui n’ont pas d’excuse valable pour s’en abstenir ; elle n’est donc pas un devoir pour ceux qui ont une excuse faisant que la prière en assemblée n’est plus obligatoire pour eux. Ces excuses sont nombreuses

L’obligation est réalisée en accomplissant la prière en assemblée de façon que l’accomplissement du rite ait un signe manifeste. Ainsi, elle est faite dans la petite ville en un lieu unique et dans la grande ville en plusieurs lieux de sorte que celui qui compte y aller puisse l’atteindre sans difficulté apparente. La prière pour laquelle l’assemblée est la plus requise, c’est celle de As-SoubH, puis celle de al-`ichâ’, puis celle de al-`aSr.

Il incombe au ma’môum d’avoir l’intention d’être dirigé par l’imam. Quant à l’imâm, sa prière est valable même s’il ne met pas l’intention d’être imam sauf dans la prière du vendredi, de la prière répétée et celle rassemblée à cause de la pluie.

Il est un devoir pour toute personne qui prie dirigé par un imam :

1 – de ne pas devancer son imam dans l’emplacement et ce, en considérant ses talons lorsqu’il est debout et ses fesses lorsqu’il est assis. S’il le devance, sa prière est annulée.

2 – de ne pas devancer son imam dans la formulation de la takbîrah de l’entrée en rituel. Bien plus, la simultanéité dans l’entrée en rituel invalide la prière. Il est donc un devoir pour le ma’môum de reporter toute la formulation du takbîr de l’entrée en rituel après celle de l’imâm, en raison de sa parole, salla l-Lâhou `alayhi wa sallam,

« إِنَّما جعل الإمام ليؤتمّ به فإذا كبّر فكبّروا »

qui signifie :  « Certes, l’imâm a été placé pour qu’on le suive. Lorsqu’il a formulé le takbîr, alors formulez-le à votre tour » [rapporté par Al-Boukhâriyy et Abôu Dâwôud]. Ce qui est recommandé dans les autres actes que l’entrée en rituel, c’est que le ma’môum débute ses actes après l’imâm. La manière la plus complète, c’est que le ma’môum retarde le commencement de son acte après l’acte de l’imam tout entier. Ainsi, il n’entame son mouvement qu’après que l’imâm soit arrivé à la position en question. Ceci vaut dans le cas où il sait que s’il accomplit le geste, il rejoindra l’imam dans la position visée par le déplacement. Quant à la formulation de la parole (‘amîn), ce qui est préférable, c’est la simultanéité avec l’imâm.

3 – de ne pas devancer l’imam d’un pilier gestuel, tel que l’inclination ou la prosternation. Cette anticipation est interdite : par exemple faire l’inclination alors que l’imam est debout, puis relever la tête de l’inclination alors que l’imam est encore debout. Mais si le ma’môum précède d’un pilier, par exemple s’il fait l’inclination alors que l’imam est encore debout et s’il l’attend en position d’inclination jusqu’à ce que l’imam fasse l’inclination, ceci est déconseillé.

4 – de ne pas devancer l’imam de deux piliers gestuels. Ceci a lieu si le ma’môum fait l’inclination puis se soit relevé en position debout en entame la descente pour la prosternation alors que l’imam est encore debout, ceci annule la prière.

5 – de ne pas prendre du retard par rapport à l’imam de deux piliers gestuels sans excuse, comme dans le cas où l’imam fait l’inclination et se relève en position debout, puis entame la descente pour la prosternation alors que le ma’môum est encore debout, ceci annule la prière également. De même, s’il prend du retard de plus de trois piliers longs même avec excuse, ceci a lieu par exemple quand l’imam fait l’inclination, se relève en position debout puis fait la première et la deuxième prosternation, et commence le tachahhoud ou s’est relevé pour une autre rak`ah alors que le ma’môum est encore debout, ceci aussi annule la prière. Parmi les excuses pour le ma’môum, il y a la lenteur de sa récitation de la FâtiHah. Par conséquent, s’il achève cette récitation avant que l’imam ne se relève de la deuxième prosternation, il fait l’inclination et rattrape l’imâm au fur et à mesure.

Toutefois, il n’est pas interdit de précéder l’imâm d’un pilier oral et ceci n’annule pas la prière. Exception faite pour le takbîr d’entrée en rituel pour lequel précéder l’imam annule la prière ainsi que pour le salâm sauf si le ma’môum fait l’intention de la séparation ; dans ce cas, s’il dit le salâm avant lui, sa prière n’est pas annulée.

6 – d’être au courant des mouvements de son imâm. Ceci a lieu soit en voyant l’imâm ou en voyant qui le voit ou en entendant sa voix ou la voix de celui qui transmet.

7 – il est aussi une condition que la distance entre l’imâm et le ma’môum ne dépasse pas trois cents coudées sauf s’ils sont réunis dans une mosquée et que le ma’môum est au courant du déroulement de la prière de l’imâm

8 – qu’il n’y ait pas entre l’imâm et le ma’môum d’obstacle empêchant le passage pour parvenir auprès de l’imâm ou empêchant de le voir ou de voir ceux qui prient derrière lui, comme par exemple un mur ou une porte fermée ou rabattue.

9 – que le déroulement de la prière de l’imâm et celle du ma’môum s’accordent de manière à ce qu’ils soient en concordance pour les actes apparents, même si le nombre de leurs rak`ah ou leurs intentions diffèrent, comme par exemple Adh-DHouhr avec al-`aSr ou al-maghrib avec al-`ichâ’, dans ce cas, la prière du ma’môum est valable. Mais si le déroulement de leurs prières est différent, comme la prière de al-`ichâ’ avec la prière funéraire (salâtou l-jinazah), la prière du ma’môum n’est pas valable.

10 – que le ma’môum ne se distingue pas de l’imam d’un acte recommandé (sounnah) quand la différence de pratique est grande, comme dans le cas où l’imam délaisse le premier tachahhoud et que le ma’môum s’assoit pour l’effectuer. La prière du ma’môum est annulée dans ce cas s’il connaissait le jugement et l’a fait délibérément, même s’il a rattrapé l’imâm de près et ce, pour avoir délaissé le fait de suivre l’imâm, qui est obligatoire sur lui. En revanche, si l’imam effectue le premier tachahhoud et que le ma’môum le délaisse délibérément, sa prière n’est pas annulée car il est passé d’une obligation à une autre obligation.

Il n’est pas valable qu’une personne de sexe masculin, même un garçon, ait pour imâm une personne de sexe féminin. De même, il n’est pas valable qu’une personne récitant correctement la FâtiHah ait pour imam une personne qui ne la récite pas correctement comme, par exemple, s’il ne prononce pas correctement certaines lettres de Al-FâtiHah, il prononce par exemple le (sîn): (thâ’) ou le (râ’): (lâm).

Il est permis à la personne pubère d’avoir pour imâm celui qui est proche de la puberté, bien qu’en priorité, c’est la personne pubère qui est imâm. Celui qui est prioritaire pour être son imâm, c’est celui qui récite le mieux tout en réunissant les conditions de validité de la prière et la piété.

Obligation de s’orienter vers la Qiblah, la ka`bah à la Mecque pour la Prière.

Allâh a ordonné aux musulmans de s’orienter vers la Qiblah pour la prière.

Allâh Ta`âlâ dit dans le Qour’ân honoré :

﴿ قَدْ نَرَى تَقَلُّبَ وَجْهِكَ فِي السَّمَاء فَلَنُوَلِّيَنَّكَ قِبْلَةً تَرْضَاهَا فَوَلِّ وَجْهَكَ شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوهَكُمْ شَطْرَهُ ﴾

(qad narâ taqallouba wajhika fi s-samâ’ falanouwalliyannaka qiblatan tarDâhâ fawalli wajhaka chaTra l-masjidi l-Harâm wa Haythou mâ kountoum fawallôu woujôuhakoum chaTrah)

Ce qui signifie : « Certes Nous voyons ton visage se tourner vers le ciel, ô toi MouHammad. Maintenant Nous t’accordons une Qiblah que tu aimes ; oriente toi vers la mosquée sacrée ; et où que vous soyez, orientez-vous vers elle », [sôurat Al-Baqarah / 144]. Allâh Ta`âlâ dit aussi :

﴿ وَمِنْ حَيْثُ خَرَجْتَ فَوَلِّ وَجْهَكَ شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوهَكُمْ شَطْرَهُ ﴾

(wa min Haythou kharajta fawalli wajhaka chaTra l-masjidi l-Harâm wa Haythou mâ kountoum fawallôu woujôuhakoum chaTrah)

Ce qui signifie : « d’où que vous sortiez, tournez-vous dans la direction de la mosquée sacrée et où que vous soyez, tournez-vous dans sa direction », [sôurat Al-Baqarah / 150].

Ceci est une preuve qu’il est un devoir de s’orienter dans la prière vers la Qiblah qui est la ka`bah qui se trouve dans la mosquée sacrée, Masjid al-Harâm à la Mecque, ceci pour la validité de la prière. Ainsi ce n’est pas valable de faire la prière en dehors de la direction de la Qiblah comme le font certains gens dans les mosquées et les salles de prières en se dirigeant simplement vers le mur sans être dans la direction de la ka`bah. Il ne suffit pas que l’imam seulement se dirige vers la Qiblah et les gens qui prie derrière lui se dirige dans une autre direction sous prétexte de remplir mieux la mosquée, leurs prières ne sont pas valables dans ce cas car ils n’appliquent pas l’ordre de Dieu de se diriger vers la Qiblah cité dans cette ‘âyah. Voir : La Manière de Déterminer la Direction de la Qiblah, la Ka`bah à la Mecque. Obligation de s’orienter vers la Qiblah pour la Prière.

الحمد لله رب العالمين

La louange est à Allâh, le Créateur du monde.

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